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    livre_pressesang
    Pour dialoguer avec G de Roquemaurel sur son livre : La presse dans le sang.
    Quel titre ! Compte tenu du passé récent de l’homme, on suppose en ouvrant l’ouvrage la promesse de quelque règlement de compte avec la nouvelle équipe au commande de ce qui n’est justement plus Hachette Filipacchi Médias mais bien devenu Lagardère.

    Point du tout. Bien sûr l’emprunt du titre à un article du quotidien le Monde n’est pas anodin, il permet un coup de patte frontal, ... que vous ne retrouverez cependant pas dans le texte et peu entre les lignes.

    Le héros de ce roman d’aventure: Gérald de Roquemaurel, soit même, petit- fils d’Hachette et fils de son père, donc vrai fils de presse quand d’autres se proclament fils de pub. On y démarre en mai 68, Sciences Po, ENA, puis Play-Boy, 20 Ans, … la rencontre avec ses deux premiers parrains,  Daniel Filipacchi et Frank Ténot, puis le rachat des titres du groupe Prouvost, Paris Match et donc l’entrée de Roger Thérond . Plus de séparation pour le trio Filipacchi/Thérond/Roquemaurel au travers de plus de 20 ans d’aventures magazines qui les mèneront avec succès aux USA, après plusieurs tentatives infructueuses, à la reprise d’Hachette, puis aux 4 coins du Monde pour développer la somptueuse marque Elle.  Aventures de presse mais aussi aventures financières     au hasard des rachats, des tentatives (LA 5) ou des prises de participations. Vous voilà déjà à la page 120, vous n’avez vu passé le temps même si vous avez traversé les années.

    Les 60 dernières pages ne sont plus tant des histoires que des opinions, des enseignements souvent pertinents au premier ou deuxième degré.  Sur Internet, tout d’abord où le débat avec  Jean Luc Lagardère promoteur avant l’heure d’une externalisation d’Internet (Club Internet à l’époque) en dehors de l’activité presse est plus que jamais d’actualité, et montre l’acuité du patron disparu. Sur la faiblesse française des quotidiens nationaux, co- responsable à ses yeux des difficultés de la distribution où on relèvera une phrase qui ne manque pas de sel :  « La baisse du nombre de kiosquiers n’est donc pas la cause  unique mais plutôt une des conséquences de la diminution de la vente de journaux ». Le Syndicat du livre est ainsi bien sûr montré du doigt et l’absence d’un patronat structuré, regrettée pour faire exploser ses blocages… L’auteur se veut pour une fois spectateur non acteur.

    Sur la force de proximité des quotidiens régionaux où là, l’auteur se fait le Talleyrand des rapprochements et des suppléments. Le limogeage d’Alain Génestar est l’occasion pour Gérald de Roquemaurel de rappeler quelques prises de position sur l’éthique d’un titre, et sa  propre éviction d’évoquer « La fin d’une époque ». Entendez le réalisme économique qui, génération après génération,  rattrape les entreprises de presse. Pour autant la nostalgie est  quasi absente de ce petit livre, la satisfaction du chemin parcouru l’anime. Et la passion magazine est le moteur principal de l’auteur.

    Débat.

    Dans la mesure du possible, Gérald de Roquemaurel vous répondra sur le site de l'APPM .

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